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Cycle national 2017-2018

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Séminaire d’intégration

Dans l’Abécédaire citoyen des sciences1, à la lettre « I » on trouve le seul mot “Innovez !” et le billet que Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader a écrit, à partir des travaux menés depuis que l’IHEST existe. « L’innovation est devenue en quelques décennies sésame de la croissance mondiale  » est le constat de départ. « Synonyme de plus de bien être pour les uns, de risques pour les autres, l’innovation se présente donc comme une notion complexe entretenant une relation parfois ambigüe avec les concepts de progrès, d’incertitude et de précaution » en est la conclusion.

Tracer un itinéraire dans cette complexité, pour soi et pour le bien commun est certainement une des ambitions du nouveau cycle de l’IHEST, L’inconnu et l’incertain. Les auditeurs du cycle précédent, en s’emparant de la notion de bien commun2, ont distingué une certaine culture de la science. Ils ont pointé que cette notion de commun est une construction fragile, demandant une certaine gouvernance et de la vigilance. «  Il est temps de penser la connaissance elle-même comme un bien commun  » est une de leurs conclusions. Tout au long du cycle, à travers les états de l’art, les dialogues d’experts, les témoignages, les travaux collaboratifs, les formes et les sources d’innovations sont apparues si diverses, qu’il leur est devenu évident que « si l’apport de la connaissance à la société a un impact dans le monde socio-économique, il fait aussi socle pour la civilisation et la citoyenneté ».
Donc, en synthèse, pour penser la connaissance comme bien commun, mobilisons une certaine culture de la science et environnons la de la gouvernance qui va bien…. Et en pratique, ajoutons sous la lettre I de l’abécédaire du citoyen des sciences Inconnu et Incertain.

L’Inconnu est «  le fond sur lequel travaille l’homme de science » nous dit Heinz Wismann3, c’est aussi la crainte générée par « l’affluence-influence croissante des objets techniques » nous alerte Étienne Klein4. L’incertain est un des attributs du monde, face auquel « la science ne nous dit pas toujours ce qu’il faut faire et croire. C’est à nous les hommes de jouer », nous recommande Jean-Michel Besnier5 , et «  l’éthique commence là, avec la conviction qu’il faut décider dans un monde incertain en faisant usage de sa raison ». D’ailleurs, comment et «  pourquoi croire les scientifiques ? » se demande Hervé Le Guyader6 ?

Le cadre est donné. La Saline royale d’Arc-et-Senans garde non seulement les marques de ces auteurs sur le sens du séminaire d’intégration, mais ouvre aussi une entrée dans l’inconnu et l’incertain. Pour Hubert Tassy, « cela aurait pu être le titre d’un des chapitres du traité d’architecture de Claude Nicolas Ledoux, non seulement pour son utopique Cité de Chaux, mais pour son interrogation inquiète face au basculement historique de son univers  ».

Pour la promotion c’est le temps de réunir les ressources indispensables au parcours à travers l’inconnu et l’incertain. Parmi celles-ci nous avons noté : les moyens de faire alliance avec les inconnus ; des briques pour poser des principes de garantie du bien commun ; un stock de connaissances fondamentales avec lesquelles se mettre en mouvement. La formule combine « des interventions denses et diverses sans synthèse possible, mais la possibilité d’approcher le thème et de le mettre en lien avec son propre parcours professionnel et citoyen » et la constitution de la promotion comme « une harmonie fonctionnelle sur base d’écoute, tolérance, partage avec une mise en résonance des intelligences ».
Et comme à l’IHEST, une fois le cadre de pensée donné, nous plongeons sans transition dans des situations bien réelles, nous aurons la chance d’aller au cœur de ce qui vibre pour l’innovation avec l’inconnu et l’incertain de la constitution de cette région qui associe Bourgogne et Franche-Comté. Je vous souhaite à toutes et tous d’accumuler une belle quantité de connaissances pour penser le futur, je vous souhaite des moments uniques. En résumé, un excellent séminaire d’intégration à Arc et Senans.

Muriel MAMBRINI-DOUDET
Directrice de l’IHEST

1- Abécédaire citoyen des sciences, sous la direction de Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, Le Pommier, 2016
2 - Le cycle national 2016-2017 de l’IHEST avait pour thème « La connaissance comme bien commun, valeur des sciences et des technologies »
3 - P. 24 in La science en jeu, Collection Questions Vives IHEST-Actes Sud, 2010
4 - P. 191 in La science en jeu, opus cité.
5 - P. 162 in La science en jeu, opus cité.
6 - P. 57 in La science en jeu, opus cité.
7 - Directeur de La Saline royale d’Arc-et-Senans
8 - Claude Nicolas ledoux (1736 - 1806) est l’architecte de la Saline royale d’Arc-et-Senans
9 - Extrait des rapports d’évaluation des auditeurs du cycle 2017-2018