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Science en société : quelle réflexivité, quelles interfaces ?

Table ronde

Table ronde animée par Aline RICHARD, chef de rubrique, The Conversation France, auditrice de la promotion Boris Vian

Avec :

Gilles BABINET, Digital Champion pour la France auprès de la Commission européenne
Marion GUILLOU, présidente, Agreenium, Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France
Didier MIRATON, professeur, Collège des ingénieurs, membre du conseil scientifique de l’IHEST

Marion Guillou aborde la question de la recherche finalisée, encore appelée science pour l’impact, au travers de l’exemple de l’agroalimentaire. La recherche en agroalimentaire assume en effet depuis 1958 cette dimension de la recherche guidée par les questions pourquoi et comment, qui a notamment permis de multiplier par quatre les rendements agricoles.
L’opposition science motivée par la curiosité versus science orientée pour répondre à une question a perdu de sa force avec le traité européen de Lisbonne interrogeant la manière dont la science se situait par rapport à la société et inscrivant l’intervention de la société dans les questionnements de la recherche

Gilles Babinet note que le numérique induit deux glissements épistémologiques notables dans les sciences. Les big data introduisent une disjonction entre la corrélation et la causalité. Ils rendent désormais possible le fait de pouvoir détecter les
phénomènes sans les expliquer. Dans bien des cas, il sera impossible de remonter à la cause de ce qu’on observe, ce qui ébranle le fondement du travail scientifique classique.
A l’inverse, les big data pourront permettre de détecter des biais épistémologiques, comme dans l’exemple de l’épigénétique qui n’a pas été prise au sérieux jusqu’à ce que les données récentes et nombreuses montrent leur pertinence. Les big datas pourront apporter leur contribution à réduire la distorsion entre science et croyance.

Didier Miraton constate la vitesse incroyable à laquelle avance la recherche fondamentale, dans tous les domaines, la biologie et la mécanique quantique, mais aussi la psychologie.
Ce contexte a des conséquences extraordinaires ou dramatiques pour les industriels. Dans le domaine de l’automobile par exemple les acteurs qui produisent aujourd’hui des voitures électriques ne sont pas parmi les constructeurs historiques. Il en est de même pour les grands projets de voitures sans chauffeurs.

lundi 21 novembre 2016, par HUCHERY Mélissa