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Intervention public de la directrice

Les paysages du bien commun

Intervention de la directrice, Muriel MAMBRINI-DOUDET, lors de la clôture officielle du cycle national 2016-2017 à Paris.

Mesdames les présidentes, messieurs les présidents, Mesdames les conseillères et messieurs les conseillers, mesdames les directrices et messieurs les directeurs, chères et chers collègues, nous sommes honorés de votre présence pour la cérémonie de clôture officielle du cycle national 2016-2017 de l’IHEST.

Pour cette séquence, qui est un événement majeur pour les 40 auditeurs qui se sont engagés pendant 34 jours dans ce cycle de formation, comme pour toute l’équipe de l’IHEST qui le produit, nous avons opté de « donner à voir » et peut-être à expérimenter ce qu’est ce cycle de l’IHEST.

Nous sommes un institut de formation de personnalités de haut niveau de l’écosystème de l’innovation pris au sens le plus large du terme : des représentants de la société civile à l’académie en passant par les médias et les femmes et hommes de la sphère politique. Ainsi, les auditeurs de cycle, comme vous le verrez, viennent-t-ils directeurs ou adjoints de services de trois ministères différents, d’entreprises, d’organismes de recherche, d’universités, d’organismes de formation, de plateformes d’innovation , d’agences et bureaux d’Etat, de structures de médiation scientifique, d’écoles et d’associations de journalistes, de syndicats , ce sont aussi des élus. En résumé, ce sont des personnalités qui ont été sélectionnées pour la qualité et la portée de ce qu’ils entendent mener pour alimenter le lien entre la science et la société, dans l’exercice de leur activité. La promotion est volontairement constituée pour accueillir la plus grande diversité possible de parcours.

Car la particularité de l’IHEST est de former ces décideurs ensemble, en dehors d’enjeux ou d’intérêts immédiats, en adoptant le régime scientifique pour traiter de problématiques entre sciences et société : problématisation, recueil de connaissances, expérimentation et analyse. A l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie, les auditeurs du cycle national apprennent comment mobiliser la démarche scientifique, i) pour anticiper, convaincre et décider, et renforcer ainsi leur efficacité et portée stratégique et ii) s’engager dans une fabrique du débat public sur les sciences et les technologies, ce qui des effets sur l’ouverture, la pertinence et la prise de risque. Aucun des membres de l’équipe de l’IHEST n’aura l’outrecuidance de donner des chiffres ou des états pour attester de cela. L’auditeur de l’IHEST est acteur du parcours qu’il effectue à l’IHEST. Ce que nous proposons est une trajectoire à travers les frontières des disciplines et des métiers, à travers les silos, pour le plus grand bien de l’innovation et ceci durablement. L’ihest a 11 ans et ce sont 475 auditeurs répartis en France et ailleurs qui font réseau, se reconnaissent, échangent en confiance et gardent un lien étroit avec l’Institut.

Ils savent la responsabilité que leur confie l’Etat, L’IHEST est un Etablissement Public et Administratif, 75% de son budget provient des ministères en charge de la recherche et de l’éducation nationale. En d’autres termes, ll’Etat mise sur ces femmes et ces hommes en position de décider quel que soit leur rôle dans le système de valorisation de la science, pour remplir l’espace entre la science et la société d’initiatives rigoureuses, orientée futur et fonder ce monde que nous désirons transmettre. L’Etat français affirme ainsi que la culture de la science est un bien commun et que celles et ceux qui se forment à l’IHEST ont une responsabilité commune à le faire fructifier.

Si je suis aussi affirmative, c’est que je tire les leçons du cycle national 2016-2017. Il avait pour thème "la connaissance comme bien commun, valeur des sciences et des technologies" . En introduction du cycle, nous rappelions ce qu’affirmait le mathématicien et philosophe Henri Poincaré dans ses mémoires, à la veille de la première guerre mondiale, « le savant est mû par l’amour de la vérité, ce qui est déjà toute une morale ». Au cœur du cycle, nous illustrions ce passage de la science comme connaissance à la science comme pouvoir qu’a si bien décrit Bertrand Russell, mathématicien et philosophe après la seconde guerre mondiale, alors qu’il mettait la communauté scientifique face à ses responsabilités et à l’obligation de promouvoir un usage pacifique de la science. Et entre-temps et après, les auditeurs ont posé les éléments du paysage, voire périmétré ce qu’est ce bien commun de la connaissance aujourd’hui, quelles en sont les variations et en quoi elles permettent de mieux comprendre voire d’anticiper les évolutions de la valeur des sciences et des technologies. Alors que bien des analyses , des prospectives et des discours parlent de rupture, numérique, organisationnelle, inter-générationnelle, alors que l’appel à ce qui ne se décrète pas comme la confiance, l’engagement collectif, la simplification reste récurrent, alors que le diagnostic porté de longue date est que nous n’investissons pas suffisamment ou durablement les interfaces , ces résultats ont, vous l’accorderez, une valeur certaine.

Comment y sommes-nous parvenus ?

Avant que de partager les principes, les chiffres et les impacts, pour, je l’espère, pouvoir en mesurer le coût comme en donner le goût, je vais suivre une des recommandations des auditeurs : présenter ce qui est aux fondations du programme de la journée.

Notre intention est de partager les résultats du cycle 2016-2017 à travers les travaux des auditeurs, et la personnalité qu’ils ont choisie comme emblème de leur promotion qui est Irène Joliot Curie. Puis nous nous projetterons dans les perspectives 2017-2018 de l’Institut afin que la cérémonie qui actera de la qualité d’auditeur de chaque participant du cycle, soit à l fois une reconnaissance de la qualité, de l’intensité et de la portée du travail effectué comme de l’entrée dans une communauté de perspectives. Aussi, après cette introduction, laisserai-je la parole à la déléguée de la promotion Anne-Laure Bedu, conseillère régionale de Nouvelle Aquitaine et responsable d’entreprise. Nous sommes particulièrement heureux et honorés que Madame Langevin ait accepté de partager avec nous l’humanité profonde de cette femme de science et le sens qu’elle donnait à son engagement. Ainsi pourrons nous évaluer nos résultats à l’aune d’enjeux scientifiques et politiques d’envergure.

Le cycle prochain a pour thème "l’inconnu et l’incertain" ; Pour passer d’un thème à l’autre, nous avons demandé à Hervé Le Bras, démographe de renom, de nous parler de ce qui fait selon lui le commun le commun des connaissances, la construction d’identité collective et ses effets sur la considération de l’autre comme un inconnu. Cette conférence marquera le début d’un second temps où le programme de l’année prochaine sera dessiné à partir des points de vue des membres des conseils qui règlent la vie institutionnelle de l’IHEST. Ce cycle sera le 1er du programme triannuel présenté en décembre 2016 qui a stimulé le conseil scientifique, a été approuvé le conseil d’administration et sert de matrice au travail du conseil d’enseignement.

La méthode IHEST est, tout en maintenant son savoir faire pédagogique, de renouveler chaque année sa manière de le traiter. Ainsi, dans les 9 sessions de formation qui forment le cycle, le thème du cycle est il d’abord un objet –occasion de plongée dans les environnements disciplinaires les plus variés possibles et sujet de travaux collaboratifs intenses.

Muriel MAMBRINI-DOUDET, directrice de l’IHEST

vendredi 13 octobre 2017, par HUCHERY Mélissa