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Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche

Sciences–société :
trois leviers pour penser le progrès

Contribution de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie

Dans sa contribution institutionnelle pour les Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’IHEST propose pour rapprocher science et société d’agir sur trois leviers : normes et éthique, débat public et partage de la science.

SCIENCES–SOCIÉTÉ : TROIS LEVIERS POUR PENSER LE PROGRÈS

Le Progrès est devenu pour nos sociétés l’objet d’un grand scepticisme. La croyance en un avenir meilleur, forte jusque dans les années 1970, a fait place au présentisme et parfois au catastrophisme. Pour certains, nous serions en train de vivre la fin de l’idéal des Lumières et de la première Révolution industrielle : les innovations scientifiques et techniques ne sont plus a priori considérées comme des progrès, elles doivent en faire la preuve de leur contribution à une vie meilleure.

Alors que la crise financière et économique perdure, notamment en Europe, les Etats s’accordent sur le rôle que doit jouer la connaissance et l’innovation, notamment technologique, dans une croissance compétitive. Le programme de l’Union européenne « Europe 2020 » en témoigne. Les pays dits émergents placent des efforts considérables sur l’innovation et il ne s’agit pas seulement de rattrapage : la Chine entend passer du statut « d’atelier du monde » à celui de « laboratoire du monde », et il n’est nullement trivial d’observer que la très grande majorité de ses dirigeants a une formation d’ingénieur ; le Brésil, toujours fidèle à sa devise – « Ordre et Progrès » –, réalise pour sa part des efforts sans précédent en matière de politique éducative et universitaire, ne finançant pas moins de 100 000 bourses internationales dans la période récente, dans l’espoir de fournir un nombre suffisant de chercheurs et d’ingénieurs pour assurer son développement.

Les crises multiples qui frappent les sociétés développées et la conscience accrue du risque technologique ont plongé ces sociétés dans une période de défiance. Le passage de la première “mondialisation éclairée” des Lumières à la mondialisation compétitive contemporaine marque le basculement de l’idéologie du Progrès, caractéristique de la pensée européenne de la Renaissance, à une conception de l’innovation qui devient pure finalité, valeur en soi. L’innovation n’est plus inscrite dans une durée, un projet porté par une vision de l’avenir, comme elle a pu l’être de manière particulièrement illustrative au XIXe siècle. Elle n’a dans nos sociétés contemporaines pour seule temporalité, pour unique horizon, l’immédiat et si tout progrès débouche sur une innovation, toute innovation ne représente pas toujours pour nos concitoyens un progrès ! Face à ces constats, il n’est pas superflu de prendre du recul et réfléchir à l’articulation entre science et société, connaissance et action, innovation et progrès.

L’IHEST, depuis 6 années, conduit des réflexions en profondeur sur l’ensemble de ces questions avec les intervenants et les auditeurs de ses cycles nationaux, issus de l’ensemble des secteurs d’activité socio-économique. Il traite dans ses formations des évolutions respectives des sciences et de la société et approfondi : de nombreuses questions sur l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, mais aussi les territoires créatifs, l’éducation et la culture, l’Union européenne et la mondialisation. En s’appuyant sur cette expérience, l’Institut propose pour rapprocher science et société d’agir sur trois leviers : normes et éthique, débat public et partage de la science.

I. NORMES ET ETHIQUE

Penser le progrès comme la capacité à élaborer et à partager des normes parfois disparates est au cœur des enjeux actuels des relations sciences et société. La normativité, que le philosophe Georges Canguilhem a pu définir comme le pouvoir d’instituer de nouvelles normes ou de modifier des normes existantes, pénètre toutes les dimensions, tous les aspects de la vie humaine, et chacun reconnaîtra que la création des normes est une activité sociale majeure. Progrès, création de normes et management de la connaissance et de l’action sont indissociables. La création des normes est une activité sociale majeure du débat politique aux innovations de rupture.
L’IHEST s’est penché sur la santé, secteur intéressant à cet égard. Les zones de discordance sont nombreuses – dysharmonies fréquentes entre profession médicale et demandes croissantes de la société, entre intérêts industriels et impératifs de soins, entre temporalité de la recherche, par nature imprévisible, et attentes de la société, du patient au regard de l’économie de la santé. Dans ce contexte ces dernières années ont vu se développer le rôle positif des associations de malades ou de soutien à la recherche. L’engagement personnel de leurs membres, qui se traduit par une expertise, leur donne une légitimité propre, qui les rend crédibles et audibles. De l’interaction entre ces parties prenantes de la recherche médicale sont nées les normes, qui ont permis de progresser et d’organiser un débat dont la polémique n’est plus le moteur.

Trop souvent, les sciences et les technologies ne sont en effet convoquées dans les débats qu’à la faveur de crises, tant et si bien que nous naviguons de crise en crise comme s’il s’agissait de la norme du savoir vivre ensemble. D’autres enjeux souvent non exprimés – économiques, sociaux, politiques – traversent nos débats, et cette complexité se traduit par la prolifération des espaces de flou, des normes molles, imprécises et non contraignantes. Ce changement dans la conception des normes juridiques, qui fait débat entre juristes et non-juristes, marque la fin du paradigme où les normes étaient l’apanage des Etats, où elles étaient organisées en systèmes hiérarchiques. On ne parle ainsi plus de système, mais d’ensembles de normes, d’espaces normatifs – comme l’espace Kyoto par. La surabondance des normes, la multiplication des acteurs, publics comme privés, a bouleversé le paysage du droit, rendant toute décision autonome difficile, particulièrement à l’échelle mondiale et dans le domaine qui touche aux sciences. Cette situation rend le dialogue entre des domaines de pensée fort différents essentiel.

De ce point de vue,

  • 1- Le dialogue entre le droit dans toute sa diversité et les sciences doit être renforcé. De nouvelles formes d’accompagnement juridique, comme le principe de précaution, doivent être imaginées pour permettre d’assumer devant la société l’ambivalence des innovations technoscientifiques : protéger la collectivité, mais aussi permettre des prises de risques nécessaires à la créativité. L’IHEST, à l’occasion de son université d’été 2012, à conduit un dialogue original sur le thème « Sciences, éthique et droit : dynamiques et concurrence de normes »
  • 2- Les lieux d’éthique sont à développer sous des formes diversifiées. Ce sont des lieux où les normativités peuvent se croiser, où les interactions font naître les normes qui contribuent à progresser collectivement sur des enjeux sociotechniques. Qui dit éthique dit dialogue entre disciplines, entre acteurs, exigence qui milite pour le dialogue multiculturel, la mise en perspective des relations entre la science et la société, le développement d’une meilleure articulation entre politiques de recherche et politiques industrielles, l’engagement de toutes les parties prenantes et de la société civile. L’absence d’une prise en compte suffisamment élaborée de la dimension éthique finit par laisser la recherche aux prises avec les seuls normes de compétitivité. Tout cela milite pour une réflexion sur la « gestion » de l’éthique dans les organisations scientifiques, la capacité des organisations à s’approprier des questions de société et aussi une réflexion sur les normes d’intégrité, corollaire d’une confiance dans la fabrique des sciences.
  • 3- L’engagement des chercheurs dans les processus de normalisation européens et internationaux n’est pas suffisant au vu des enjeux de la compétition économique internationale. Un chercheur ne devient pas facilement un expert ! Les nanotechnologies en sont un exemple. Il faut encourager ces démarches, professionnaliser les chercheurs sur ces enjeux et reconnaitre leur implication. Cependant l’expertise scientifique soulève de nombreuses interrogations d’ordre juridique et éthique. Les experts scientifiques sont de plus en plus remis en cause dans le débat public. A cet égard, il faut rappeler que c’est l’expertise qui fait l’expert et que trop souvent ce processus n’est pas clair pour ceux qui s’y engagent. La condamnation récente de géophysiciens italiens est là pour le rappeler. Mieux former les chercheurs aux enjeux de l’expertise est une nécessité.

II. LE DEBAT PUBLIC

Deux Américains sur cinq ne croient pas aux théories de l’évolution (60% en comptant ceux qui ne se prononcent pas) et contestent les faits qui les sous-tendent. La contestation de la vérité scientifique conduit même certains à considérer que seul le processus démocratique permettrait d’établir la vérité du moment. Nous vivons, c’est un fait, une période marquée par la pensée relativiste, l’idée selon laquelle la science est une construction sociale, qu’elle serait inspirée par des arguments d’autorité et qu’elle n’a pas le monopole de la vérité. Pour les relativistes, la science s’est imposée par son efficacité, au détriment de connaissances tout aussi précieuses. Alors que l’opinion en attend plutôt des certitudes, la science est une activité auto-normée, marquée par l’incertitude et ses vérités sont fondamentalement le résultat d’un processus qui a fait ses preuves pour décrire le réel.

Si le rôle exact de la science est de plus en plus mal compris, c’est parce que le citoyen connaît principallement les applications techniques, qu’il utilise abondamment sans se soucier de leurs fondements scientifiques. Aussi vivons-nous bien plus dans une société de l’usage des technologies que dans une société de la connaissance. Le philosophe Bertrand Russell analyse cette situation comme le passage de la science comme connaissance à la science comme pouvoir. Si la science nous procure des pouvoirs extraordinaires, force est de reconnaître que nous savons mal accompagner l’émergence des technologies.

Le débat public, en engageant l’ensemble de la société, pourrait jouer un rôle central. Il a une portée beaucoup plus large et de multiples facettes : prise de parole, délibération, responsabilité, représentation, etc. Mieux que d’autres, peut-être, il met en lumière les discordances entre exigence démocratique et prise de décision. Il révèle des démarches différentes : politiques, juridiques, journalistiques, scientifiques… Si l’on admet que les relations politiques sont un mélange de conflits, de puissance pour une action collective, la science se politise dès lors qu’elle se trouve aux prises de tels enjeux, et se dépolitise pour retrouver son isolement lorsque ces conflits sont résolus. Cet aller retour idéal est–il réaliste ?

De ce point de vue,

  • 1-Le public se construit en lien avec le débat. Les publics se constituent par ceux qui se sentent concernés par les décisions, idée développée par le philosophe John Dewey. Ce faisant, le public développe une réelle capacité à analyser le discours scientifique et à évaluer les experts qui le représentent. Les Pays-Bas se sont dotés d’un institut – l’institut Ratheneau – qui s’attache à la formation de l’opinion et développe en permanence une évaluation des technologies. Dans des domaines comme les nanotechnologies, faire participer le public ne va nullement de soi. La situation plaide pour stimuler un ensemble plus vaste d’acteurs dans la durée, en respectant leurs temporalités et leurs motivations respectives. En France, le débat sur les sciences et technologies devrait se construire dans la durée en s’appuyant sur une action en réseau avec les acteurs concernés.
  • 2-La médiatisation par la presse joue un rôle majeur. Politisation des discours scientifiques et défiance du public place en effet régulièrement le journaliste dans une position particulièrement délicate. Les intérêts économiques de la presse ne sont pas absents de ces difficultés ainsi que l’histoire récente sur les OGM le montre. L’internet modifie en profondeur la profession. La démarche journalistique est investigatrice. Sa temporalité s’affronte à celle de la démarche scientifique. Renforcer les passerelles est indispensable pour valoriser ces « passeurs » de sciences : prix, bourses, aide à des entrepreneurs en matière d’information, création d’un « média center » comme en Grande Bretagne (sous l’égide du Wellcome Trust) …
  • 3- Impliquer le public très en amont des processus d’innovation, comme d’élaboration, des politiques publiques. Depuis 2003, à la suite de plusieurs débats sur les OGM et les nanotechnologies, la Grande-Bretagne a intégré la notion d’implication du public dans les sciences et dans l’élaboration des politiques publiques. Depuis 2004, elle préconise un débat organisé très en amont, à mesure que les questions nouvelles surgissent. Elle innove dans l’interaction avec le public. Le succès est là : les jeunes se rapprochent de la science. Publics amateurs de sciences mais aussi publics impliqués dans certains processus de recherche, d’innovation ouverte, dans la prospective, le design ou les arts, le plus souvent regroupés dans des associations sont devenus des interlocuteurs incontournables du monde scientifique et industriel, dont il faut encourager la collaboration. L’expertise de ces publics devient importante dans le débat public comme dans l’élaboration des politiques publiques et un dialogue plus soutenu est à renforcer, en amont des débats avec les institutions.

III. PARTAGER LA SCIENCE

Le débat public est un processus, qui appelle à partager la science mais ce modèle apparaît aux antipodes de celui de l’instruction publique. La science est-elle partagée et bien partagée ? Comment concrétiser ce souci de partage ? Comment faire de la science un objet de culture à part entière ? Quelle responsabilité pour l’éducation ?

En 2011, l’IHEST a consacré son université européenne d’été au thème de l’illettrisme scientifique, notion apparue dans le débat américain à partir des années 1980 et présentée comme un danger social et politique guettant les Etats dont le développement repose sur les sciences et la technologie. Problème aigu outre-Atlantique, où les questions scientifiques tendent à devenir extrêmement clivantes sur le plan politique, il interroge sur l’idée d’un partage minimal des sciences et l’exigence d’un débat public informé, dont il faudrait faire le deuil. En France, la notion a une épaisseur politique, car synonyme d’exclusion, qui renvoie à des normes sociales et politiques. Un illettré est celui qui est exclut du débat, voire de la société tout court.

L’idée d’illettrisme scientifique, désigne une incapacité, voire une impuissance, à s’approprier les résultats de la science. Il s’agit d’un danger qui réside non pas dans une ignorance totale, mais dans l’incapacité à s’approprier les enjeux des sciences, dans un manque de compétences. L’illettrisme scientifique est lié non pas à l’absence de savoirs – savoirs qui n’ont jamais été autant disponibles – mais à la difficulté de les hiérarchiser, de les utiliser.

De ce point de vue,

  • 1-Partager les sciences, c’est partager des langages. Langages spécialisés des sciences, langage naturel : il n’y a plus une culture scientifique mais des cultures éclatées et un effort de traduction est impératif. L’école a un rôle fondamental dans cet apprentissage qu’il faut conforter. Mais il ne faut pas négliger aussi la traduction des savoirs, leur mise en récit, la vulgarisation scientifique, la mise en culture de la science qui sont des activités essentielles, qui tendent à sortir les sciences de leur domaine propre.
  • 2-Prendre la mesure des stratégies de doute : l’illettrisme scientifique peut être également perçu comme un effet, la conséquence de l’instrumentalisation du doute scientifique, caractéristiques par exemple, de l’industrie du tabac au cours de la seconde moitié du XXe siècle ou à l’œuvre par exemple dans le débat sur le changement climatique. C’est ainsi que des argumentaires diffusés sur Internet prennent la consistance de théories de rechange, permettant de concurrencer la science jusque dans les travaux académiques. Dans un contexte marqué par la communication numérique et l’accès de plus en plus massif à des gisements d’informations non hiérarchisées sur Internet, contribuant à l’information comme à la désinformation, ce sujet prend une acuité toute particulière. Une vigilance très spécifique est nécessaire et devrait conduire à renforcer les liens entre historiens et philosophes des sciences, journalistes, chercheurs en sciences exactes et innovateurs pour des analyses croisées de ces processus. La création d’un observatoire regroupant des analyses croisées nationales et internationales sur ces questions serait précieuse, elle pourrait s’appuyer sur les compétences et le réseau de l’IHEST.
  • 3-Mobiliser de nouvelles compétences tout au long de la vie. L’intérêt d’une réflexion sur la notion d’illettrisme scientifique est aussi de prendre conscience d’un processus qui met en jeu non seulement la première éducation, essentielle, mais aussi l’éducation tout au long de la vie. Qu’on songe à des phénomènes comme le développement durable ou le climat, phénomènes complexes, qui sollicitent plusieurs champs disciplinaires. La création de l’IHEST témoigne de cette préoccupation, pour les décideurs, et trouve un écho international croissant.
  • 4- La lutte contre l’illettrisme scientifique est enfin un enjeu de concurrence internationale : la nécessité de former des jeunes scientifiques et des ingénieurs créatifs, de développer une société capable d’assumer l’innovation. Rien d’étonnant, ainsi, que la Chine cherche à rompre avec son enseignement traditionnel, fondé sur la répétition ; que le Brésil mette l’accent sur la scolarisation de toute sa population pour former des ingénieurs ; que la Corée ou la Grande-Bretagne mettent en place des stratégies intégrées, associant système éducatif, média, musée, association, engagement du public ; que les Pays-Bas renouvellent leur enseignement technologique. Plusieurs leçons peuvent être tirées de ce benchmark. Partout, on peut constater que la motivation de jeunes envers la science repose sur des valeurs d’engagement social, partout les étudiants, au cœur des universités, sont incités à se mobiliser sur des défis sociétaux. Partout, les Etats mettent en place des standards pour l’éducation, exigent que la population bénéficie d’un socle commun de culture scientifique et technique défini au niveau des Etats. Partout des interactions fortes sont suscitées entre tris acteurs : les institutions carrefour –musées, centres de culture scientifique, technique et industrielle –les associations et les systèmes scolaires et universitaires. Notre histoire a induit une séparation entre les acteurs de ce tripode. Il convient aujourd’hui de les rapprocher dans le respect de leurs spécificités.


Un lien durable science société
« La culture scientifique est morte, vive la culture scientifique ! »


Progrès, normativité, normes, éthique, débat, illettrisme scientifique, éducation : les développements qui précèdent n’ont eu d’autre objectif que de mettre en perspective les exigences d’un lien durable entre science et société. Les cultures scientifiques sont éminemment évolutives, leur promotion est un pari sur l’avenir. Tout ne se joue pas dans la formation initiale, mais dans la durée. Cela suppose de mettre en place des processus de formation flexibles, dynamiques, accessibles, reposant sur l’implication des différents acteurs, bref, des lieux d’interface. Cela milite enfin aussi pour l’apprentissage d’une éthique du débat, gage d’une culture du sens commun et de l’espace public. Il faut imaginer le débat science-société comme l’aventure d’une cordée affrontée à une montagne escarpée, dont les membres qui la composent – pour le débat, le citoyen, le politique, l’industriel, le juriste, le journaliste, le chercheur, l’expert, etc. – se verraient attribuer respectivement selon les itinéraires le rôle de chef de cordée au fil de la progression, l’ensemble étant guidé par la même volonté – utopique ? – d’atteindre le sommet.
L’IHEST, acteur référent des relations sciences-innovation-société

L’IHEST est acteur de ces enjeux du fait de sa mission et de son curriculum éprouvé depuis 6 ans. Il assure une formation aux nouveaux enjeux de la gouvernance des relations sciences-innovation-société et, ce faisant, permet l’émergence de personnalités susceptibles de s’impliquer dans le dialogue science–société à des niveaux décisionnels, dans la recherche et l’enseignement supérieur, l’entreprise, les administrations et aussi la politique, les syndicats, la presse, les associations. Les regards croisés entre ces responsables, leurs décentrements sont le gage d’un dialogue et d’une écoute différente. Ses travaux en sessions, dans ses ateliers sur des objets du quotidien, dans les cercles et les universités d’été, en lien avec le réseau des auditeurs et des intervenants en France et à l’étranger, permettent de revisiter continuellement les interactions entre acteurs dans de très nombreux domaines et développer une prospective. Un observatoire des débats et de la gouvernance est en cours de création. La diffusion de ses débats est engagée pour le bénéfice d’un plus grand nombre : dossiers multimédias, interviews, débats en lignes, carnets de voyages… Une collection a été créée en coédition avec Actes-Sud, « Questions vives ». Citons les ouvrages qui fondent ce texte, La science en jeu, L’économie, une science qui nous gouverne ?, La Science et le Débat public, Partager la Science, l’illettrisme scientifique en question (sous presse) ainsi que l’université d’été 2012, Science, éthique et droit : dynamique et concurrence des normes.
IHEST, 1 rue Descartes, 75231 Paris cedex 05 ; www.ihest.fr
6 novembre 2012

mercredi 13 février 2013, par HUCHERY Mélissa