Accueil > La Médiathèque > Collections > Rapports d’étonnement > La crue centennale de la Seine

Enregistrer au format PDF

Promotion Léonard de Vinci 2013

La crue centennale de la Seine

Parmi les risques majeurs auxquels est exposé la société française, celui de la crue centennale de la Seine peut être qualifié de catastrophique : probablement plus de 30 milliards d’euros de dommages directs, 2,7 millions d’habitants et 170 000 entreprises seraient directement touchés. Des impacts indirects sur l’économie et la société viendraient s’y ajouter. Mal quantifiables (la durée de la période de restauration post crise du système socio-économique est difficile à estimer) ils seraient sans doute très élevés.

La précision des chiffres n’est pas l’enjeu de la réflexion portée par ce rapport d’étonnement. Contrairement à d’autres événements, climatiques ou sismiques, l’événement que représente une crue de la Seine à Paris est à la fois quasi certain selon des analyses historiques et statistiques – la célèbre crue de 1910 en constituant le mètre étalon– et totalement incertain quant à sa date. Il pourrait même ne jamais se produire à l’échelle de la vie d’un individu ; cette ambiguïté lui confère un caractère angoissant (la mort possède les mêmes caractéristiques) et rend la décision difficile.

En ce sens, l’événement questionne la résilience de nos sociétés (avec tout leur bagage historique, culturel, social, organisationnel) face à ce type de risque. L’enjeu principal est celui de la prévention d’un tel événement et non celui de la gestion d’une éventuelle crise d’ores et déjà prise en compte par les pouvoirs publics.

PDF - 1 Mo
Rapport d’étonnement - atelier crue

Les ateliers sont des travaux menés dans le cadre du cycle national sur une durée relativement courte, 4 journées, et ayant pour vocation, outre celle de conforter les dynamiques de travail collaboratif entre les auditeurs, de permettre une analyse des dynamiques d’acteurs à l’œuvre dans les rapports science société. Cela nécessite un travail d’investigation mené avec l’aide d’un animateur et les interventions d’un certain nombre de personnalités invitées à la demande des auditeurs en concertation avec l’animateur. Il ne s’agit toutefois pas pour les auditeurs de faire la dernière bibliographie du sujet ni une étude scolaire du sujet, mais bien d’identifier les lignes de force des rapports science société que dévoilent les jeux d’acteurs observés.

Cette année le fil conducteur thématique du cycle national était l’idée de progrès. Les sujets des trois ateliers que nous avons choisis, bien qu’assez différents, relèvent tous de l’analyse d’une dynamique spécifique de progrès impliquant des controverses, divers rapports d’acteurs et le recours à des processus de construction du progrès variés.

L’un des ateliers du cycle national 2012-2013 avait ainsi pour thème le « Design de l’intérêt général ». Depuis environ trois ans, l’IHEST travaille sur ces questions de design et un atelier sur la place du design et du designer industriel avait déjà été organisé.Cette année, interpelée par cette problématique de l’apport du design dans la vie collective, comme instrument d’analyse et d’approche, et dans le cadre d’un cycle consacré au progrès, j’ai trouvé intéressant que les auditeurs travaillent sur le design de l’intérêt commun.

Un autre atelier traitait d’un sujet qui s’est avéré extrêmement complexe, « La crue centennale de la Seine ». Le sujet combinait en effet deux problématiques, elles-mêmes complexes : celle d’un événement emblématique, la crue prévue de la Seine, et celle d’une démarche de débat destinée à étayer, à terme, les décisions de l’État. Il s’agissait donc à la fois d’analyser l’action circonscrite d’un établissement particulier dans un ensemble complexe, mais aussi les questions liées au débat, mêlant dimensions géographiques et socio-professionnelles, tout cela dans une perspective d’aménagement sous-tendue par des enjeux économiques et symboliques très importants.

Le dernier atelier de l’année s’est penché sur la question de « La neutralité d’internet : enjeux, défis et perspectives ». Le numérique est un élément important du progrès tel qu’il est perçu aujourd’hui. Il nous a semblé important d’aborder cette question ambigüe de la neutralité d’internet dans le cadre d’un atelier consacré aux relations science-société. Ce sujet, qui posait simultanément la question de la régulation, des normes et de la liberté des utilisateurs, représentait donc pour les auditeurs une occasion d’appréhender la façon dont des normes se construisent.

Marie-Françoise CHEVALLIER_LE GUYADER
directrice de l’IHEST.

dimanche 10 juillet 2016, par HUCHERY Mélissa