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Illettrisme scientifique et éducation

SOMMAIRE - Culture et éducation scientifique à l’IHEST

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Ecole internationale de Manosque
architecte : Rudy Ricciotti, en collaboration avec Jean-Michel Battesti, (2008-2010)

Pisa 2012, le rapport du programme de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves témoigne une nouvelle fois de la difficulté d’enseigner les sciences aujourd’hui dans une société marquée par de profondes inégalités sociales face à l’illettrisme scientifique. En France, le score obtenu en mathématiques par les élèves de 15 ans a diminué de 16 points entre 2003 et 2012.
L’IHEST a consacré de nombreux travaux aux questions d’éducation et de culture scientifique, en particulier dans son récent ouvrage « Partager la science, l’illettrisme scientifique en question », paru en mars 2013, dont quelques unes des conclusions saillantes sont soulignées par Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, directrice de l’IHEST et qui a fait l’objet d’une émission animée sur France Culture.

En ce qui concerne les mathématiques qui occupent une place emblématique dans notre enseignement comme dans la désaffection des élèves pour les sciences, Jean-Pierre Bourguignon, mathématicien, estime dans « Partager la Science » qu’il est légitime de s’interroger à propos des contenus actuels enseignés, la valeur exemplaire et formatrice devant être mise en balance avec la valeur d’usage. Pour Stella Baruk, professeur de mathématiques et chercheuse en pédagogie, la maîtrise de la langue est première dans l’apprentissage des mathématiques, qui doit être fondé sur le sens. Importance du langage également pour le philosophe Heinz Wismann pour qui la science, l’idée que l’on s’en fait, commande la façon dont est envisagée l’éducation aux sciences et cette idée de la science a changé au cours de l’histoire. Une question de culture scientifique qu’il évoque également dans l’entretien recueilli en 2011 lors de l’université d’été « Des sociétés quettées par l’illettrisme scientifique ?.

Au cours de ces travaux, l’IHEST a notamment regardé l’éducation sous l’angle de la créativité. Pierre Léna, astrophysicien, membre de l’Académie des Sciences et qui y fut Délégué à l’éducation et à la formation de 2005 à 2011, Président de la Fondation de coopération scientifique La main à la pâte, créée en 2011. Pour lui, une éducation précoce à la science à l’école contribue à stimuler la « capacité de créer ». A l’issue du collège, tout jeune devrait avoir acquis des notions-clés de la science. Pour Micheline Hotyat, professeur à l’université Paris 4-Sorbonne et ancien recteur de l’académie de Caen, la créativité doit entrer dans les apprentissages des élèves, dans les pratiques pédagogiques des enseignants, dans leur formation initiale et continue et dans les relais institutionnels.

Compte tenu de la place de la science dans l’évaluation des élèves, parler de l’enseignement des sciences c’est aussi évoquer l’échec et la confiance, abordés par Jean-Marc Monteil, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, chaire de Sciences du comportement et applications, lors de la clôture du cycle national de formation 2010-2011.

La question de l’illettrisme scientifique semble bien être, dans des cultures très différentes, une cible de politiques diverses d’éducation et de sensibilisation aux sciences. Cette course à la culture scientifique
et technique est un phénomène transversal qui se décline différemment selon les histoires et les cultures. Seront exposées dans ce dossier plusieurs témoignages internationaux.

L’intérêt pour les sciences des jeunes et des moins jeunes, peut-il bénéficier de l’engouement pour le jeu ? Les serious games peuvent-ils être un outil pédagogique ? La promotion 2010-2011 de l’IHEST s’est penchée sur le sujet pendant quatre jours d’atelier, extraits dans lequel Stéphane Natkin pose aussi clairement la limite. Il a présenté aussi plusieurs expériences qui s’appuient sur les technologies de l’information et de la communication pour développer l’intérêt des élèves

Pour la Commission européenne, en 2010, lors des premières annonces sur le projet Horizon 2020, Philippe Brunet présentait, lors de l’ouverture officielle du cycle national 2010-2011, la politique en matière d’éducation qui a notamment pour objectif une société qui promeuve l’excellence et l’innovation.

Dès le premier cycle national de formation l’IHEST a consacré une session à l’éducation aux sciences. La synthèse en vidéo de celle de l’année 2007-2008 qui en a été produite souligne bien les multiples dimensions du sujet, en France, en Europe et dans les pays du Sud.

vendredi 13 décembre 2013, par Olivier Dargouge