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CHINE

L’agriculture en chine

La part de l’agriculture dans l’économie chinoise diminue continuellement depuis le début des années 1960. En 2013, elle représentait 10 % du PIB (contre 39 % en 1962) et 31 % des emplois (contre 82 % en 1962). Les gains de productivité de l’agriculture sont du même niveau qu’aux États-Unis et en Europe.
La Chine reste malgré tout un pays fortement agricole. A titre de comparaison, l’agriculture représentait 1,7 % du PIB de l’Europe des 28 en 2013 et employait à temps partiel ou à temps complet 4,3 % de la population.

Les chiffres présentés dans le dossier proviennent principalement des statistiques officielles chinoises (Chinese Statistical Yearbook, China Agriculture Yearbook) et des analyses de l’USDA, le ministère de l’Agriculture des États-Unis, analyses qui reposent elles-mêmes en grande partie sur les statistiques officielles chinoises.

Lire le dossier :

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L’agriculture en chine (Pdf)

Extraits :

L’agriculture chinoise utilise-t-elle beaucoup de pesticides ?

Oui. L’agriculture chinoise consomme presque trois fois plus de pesticides à l’hectare que l’agriculture française.
Les proportions relatives des différents pesticides diffèrent totalement de celles observées en France ou aux Etats-Unis : les insecticides prédominent. C’était d’ailleurs quasiment les seuls pesticides utilisés en Chine dans les années 1990 (la Chine utilisait alors deux fois moins de pesticides et 78 % étaient des insecticides).

Quelle a été l’évolution du monde rural chinois ces dernières décennies ?

La Chine a connu une urbanisation rapide au cours des dernières décennies. La part de la population rurale est passée de 87 % en 1950 à 45 % en 2015, elle devrait tomber à 40 % en 2020. Ces statistiques sont basées sur le nombre de hukou agricole, c’est-à-dire qu’elles ne tiennent pas compte du fait que bon nombre de titulaires d’un hukou agricole vivent et travaillent en réalité en ville (ce sont les travailleurs migrants). Ces travailleurs migrants sont inclus dans les statistiques sous la rubrique « agriculteurs ayant des emplois non agricoles ».

Les agriculteurs chinois sont-ils propriétaires de leur terre ?

Non. Suite à la décollectivisation du début des années 1980, les agriculteurs ont obtenu un droit d’usage : chaque ménage d’un village bénéficie d’une surface qu’il peut utiliser à son gré. En revanche, les terres agricoles appartiennent toujours à la municipalité. C’est le Household Responsibility System.
Malgré tout, les droits des agriculteurs ont été élargis au cours du temps. Tout d’abord en augmentant la durée pendant laquelle le ménage a la garantie de conserver ses champs (elle est passée de trois ans à trente ans). Puis en autorisant les agriculteurs à louer leurs terres ou à en transférer le droit d’usage à d’autres ménages (cf. la question Quels sont les principaux objectifs de la politique agricole chinoise ?). C’est un droit largement utilisé : la location ou le transfert du droit d’usage concernait 26 % des terres agricoles fin 2013.
Les spécialistes considèrent que l’autorisation de louer sa terre sans risquer d’en perdre le droit d’usage devrait favoriser les migrations de la main-d’œuvre rurale vers les villes.

La sécurité sanitaire des aliments est-elle une priorité pour les Chinois ?

Oui. Ces dernières années ont vu la montée du mécontentement chez les classes moyennes et le discrédit croissant de l’industrie agroalimentaire chinoise. La confiance de la population a été ébranlée par un certain nombre de scandales alimentaires très médiatisés. La liste est longue, en voici quelques exemples :
• 2008. Le lait contaminé par de la mélanine. Six enfants en sont morts et 300 000 ont été malades.
• 2011. La présence de bêta-agonistes dans la viande de porc alors que ces produits sont interdits en Chine (cf. la question De la ractopamine dans la viande de porc ? Un scandale en Chine, la routine aux Etats-Unis).
• 2013. Les autorités ont saisi en trois mois 20 000 tonnes de viande de porc avariée ou illicite (cf. la question La production intérieure peut-elle faire face à la demande croissante de viande de porc ?).
• 2013 encore. Plus de 16 000 porcs morts ont été jetés à l’eau en amont de Shanghai et leurs cadavres ont traversé la ville (d’où la plaisanterie qui courait alors à Shanghai Il suffit d’ouvrir le robinet pour avoir de la soupe de porc gratuite).

mardi 31 janvier 2017, par HUCHERY Mélissa