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Paroles de chercheurs

La nouvelle géopolitique du Japon

Mardi 6 décembre 2016 (18h30 – 20h00)

Salle Michel Guillaume
Centre Culturel Irlandais
5 rue des Irlandais
75005 PARIS

Modérateur :

Joris Zylberman, cofondateur et rédacteur en chef d’Asialyst.com

Intervenants :

Mathieu Duchâtel, directeur adjoint du Programme Asie et Chine à l’European Council of Foreign Relations (ECFR)

Marianne Péron-Doise, chercheure à l’Institut de Recherches stratégiques de l’Ecole militaire (IRSEM) et capitaine de frégate

Depuis le retour de Shinzo Abe comme Premier ministre en septembre 2012, le Japon semble être aussi de retour sur la scène géopolitique asiatique. Sous le mot d’ordre de "contribution proactive à la paix", le chef du gouvernement le plus stable depuis Junichiro Koizumi (2001-2006) bouleverse l’identité militaire et stratégique de son pays. Sur le plan intérieur, Abe veut réformer la Constitution japonaise, votée en 1946, et en particulier son article 9 selon lequel le Japon "renonce à la guerre". En guise d’armée, le pays n’a donc le droit de ne posséder que des forces d’auto-défense. Le Premier ministre pense que les temps ont changé et souhaite que les forces nipponnes puissent intervenir à l’étranger pour soutenir un allié dans des conflits où ses intérêts sont menacés. Sa volonté de réforme a suscité un tollé dans une opinion publique tiraillée entre divers courants, dont les pacifistes et nationalistes.

Si Shinzo Abe veut changer la Constitution, c’est qu’il faut selon lui s’adapter à la nouvelle donne en Asie-Pacifique : la montée d’une Chine jugée "agressive" dans les mers de Chine orientale et méridionale. La dispute sur l’archipel Senkaku/Diaoyu, moins tendue cette année, n’est toujours pas résolue. Et le Japon d’Abe est persuadé que la solution est liée au conflit multilatéral en mer de Chine du Sud. En effet, selon une carte élaborée à Nankin en 1947, les Chinois revendiquent près de 90% de cette vaste zone maritime, qui est aussi l’une des routes commerciales majeures dans le monde. Poursuivant l’alliance avec les Etats-Unis, Shinzo Abe s’est lié militairement à l’Indonésie, aux Philippines et même au Vietnam, une première historique. Comment qualifier ce nouveau Japon géopolitique ? Certains y voient une remilitarisation guidée par la nostalgie de l’impérialisme de la Seconde Guerre. D’autres considèrent nécessaire de "fortifier" les positions japonaises afin de résister à la nouvelle puissance chinoise.

INSCRIPTIONS

mardi 8 novembre 2016, par HUCHERY Mélissa