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Paroles de chercheurs

Le Japon dans l’ère post-Fukushima

Mercredi 08 mars 2017 (18h30 – 20h00)

Pavillon de l’eau
77 avenue de Versailles
75016 Paris

Intervenants :

Jean-François Heimburger, spécialiste du Japon et journaliste pour Asialyst, Japon Infos et différentes publications du monde de la recherche.
Mathieu Gaulène, auteur du livre "Le nucléaire en Asie : Fukushima, et après".

Cinq ans et demi plus tard, le Japon vit toujours au rythme de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le sentiment anti-nucléaire reste extrêmement fort dans le pays, contrariant la volonté du Premier ministre Shinzo Abe et des opérateurs du secteur pour redémarrer l’ensemble du parc. A l’heure actuelle, il ne reste que deux réacteurs en activité sur 42 : l’un dans la centrale de Sendai et l’autre dans celle d’Ikata. A Fukushima en mars 2011, les réacteurs étaient entrés en fusion après un terrible tremblement de terre et un tsunami. La catastrophe a depuis forcé le Japon à se tourner vers des énergies fossiles très coûteuses pour combler le manque d’énergie produite, mais les craintes sur la sûreté de l’énergie nucléaire et l’exposition aux radiations persistent. Quelle est désormais la stratégie nucléaire du gouvernement de Shinzo Abe ?

L’ère post-Fukushima pose également la question de la gestion des risques des catastrophes, qu’elles soient nucléaires ou naturelles. "Les Japonais sont parmi les mieux préparés du monde." La phrase est devenue quasi proverbiale. Certes, ils sont formés dès leur plus jeune âge pour parer aux phénomènes naturels, secousses sismiques, typhons, mouvements de terrain, éruptions volcaniques que connaît régulièrement l’Archipel. Mais que devient leur conscience du risque une fois sortis du cadre scolaire ? Les 14 et 16 avril derniers, deux violents séismes ont gravement touché le département de Kumamoto et d’autres collectivités du sud-ouest du Japon. Au total, 49 morts directs et plus de 1 500 blessés. S’il n’est toujours pas possible de prédire le danger sismique, il est permis de se poser des questions sur la préparation à une telle catastrophe. Des habitants de Kumamoto ont déclaré aux journalistes qu’ils n’avaient jamais pensé qu’un tel événement pouvait se produire chez eux. On se serait cru en 1995, dans la région de Kobe, où le "mythe de la sûreté" avait volé en éclat : des milliers de morts, une multitude de bâtiments et d’infrastructures modernes effondrés. Les autorités et la population sont-elles vraiment prêtes à réagir efficacement pour limiter le nombre de victimes, gérer les crises et reloger les personnes évacuées ?

INSCRIPTIONS

mardi 8 novembre 2016, par HUCHERY Mélissa