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Editorial

Travailler à une intelligence et une confiance collectives

“Intelligence collective”, “confiance”, ces mots dans presque toutes les bouches expriment « ce qu’il nous faut ». Une fois dits, ils s’imposent. Il est vrai, penser ensemble et prendre, donner, avoir confiance, qui pourrait être contre ? N’est-ce pas la base de nos organisations ? Alors pourquoi est-il besoin de le scander ? De faire de l’intelligence collective un processus préalable à l’action et de re-donner, ré-avoir, re-construire, re-dire la confiance ? Appel ou rappel, il se pose là. Plus les connaissances s’accumulent, plus les organisations s’enchevêtrent et plus les frictions entre savoir et ne pas savoir entrent en violence. L’intelligence et la confiance collectives ne se décrètent pas.

L’IHEST a fait de l’intelligence collective son cœur de métier et de la confiance entre les mondes académique, industriel, médiatique et la société civile son processus de travail. Sa spécialité, c’est la culture scientifique, c’est-à-dire une mise en travail, méthodique, équilibrée et expérimentale de ce que l’on sait pour explorer ce qui reste à découvrir. Sa fonction, c’est la formation aux interfaces, son parcours, celui d’une marche déterminée avec un appui solide sur ses deux pieds : le renforcement des capacités à anticiper, convaincre et décider et la libération du débat public. Sa détermination est celle de l’engagement dans le temps pour que les effets perdurent. Ainsi, fort de son expérience entre science et société, l’IHEST entretient-il le goût de la science de ceux à qui il revient de décider. Cocktail de missions et de méthodes plutôt unique, il faut bien le reconnaître. Quelle que soit leur diversité, ceux qui apprennent à connaître l’Institut en adoptent dessein et manière. Alors, faire en sorte qu’il devienne de mieux en mieux connu, en France et à l’étranger, et que ce qui s’y pense et s’y passe, débats, rencontres, collisions fécondes, produise davantage d’effets sur nos collectivités. Là est l’ambition, une ambition toute citoyenne.

C’est cette inflexion que vise le programme à trois ans de l’IHEST, accueilli avec enthousiasme par le conseil scientifique de l’institut et approuvé par son conseil d’administration en décembre 2016. Concernant le cycle national 2017-2018, le thème : L’inconnu et l’incertain, comment les distinguer et “faire avec”, engage l’action, puisque bien agir demande de bien discerner. L’accueil reçu après l’ouverture récente de l’appel à candidature souligne combien il fait échos aux préoccupations de nos concitoyens et mobilise l’envie de s’y investir.

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Heinz Wismann, philosophe, Etienne Klein, président de l’IHEST et Muriel Mambrini-Doudet, directrice de l’IHEST, réunion du Conseil scientifique de l’IHEST, 5 décembre 2016

Concernant les universités d’été de l’IHEST, notre ambition est de concevoir, progressivement sur 3 années, « Quelle ingénierie sociale pour le débat public en matière de sciences et de technologies ? ».

Ainsi, l’Institut vise-t-il à proposer des formations et événements qui soutiendront le passage d’une culture d’ingénierie à une culture d’anticipation, d’une culture d’analyse à une culture d’expérimentation, d’une culture du résultat à une culture d’impact. Tout ce qu’il faut pour savoir abandonner la maîtrise des sujets au profit de la construction d’une intelligence et d’une confiance collectives avec assurance.


Muriel Mambrini-Doudet
Directrice de l’IHEST
Janvier 2017

mercredi 25 janvier 2017, par Olivier Dargouge