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Cycle national 2016-2017

Clôture : Valeur des sciences et des technologies Du bien commun à l’inconnu et l’incertain

Paris, 1er juin 2017

Quel titre pour la clôture du cycle annuel 2016-2017 de l’IHEST ! Valeur des sciences et des technologies, Du bien commun à l’inconnu et l’incertain. Qu’est ce que cela signifie exactement ? Que pouvons-nous en conclure ou en tirer qui aurait quelque écho avec notre quotidien ? On pourrait suspecter un exercice purement académique…

Il est possible que cela soit un exercice, c’est en tous les cas celui auquel nous allons nous livrer lors de cette clôture. Il prend assurément appui sur l’académie, nous pourrions même dire qu’il use des propriétés de la science. Il y puise sa valeur la plus apparente. Il est d’autres valeurs qui se voient moins, qui relèvent de ces transformations que savent opérer les femmes et les hommes lorsqu’ils pensent ensemble. Disons que c’est l’exercice en son entier qui est valeureux. Le programme de cette clôture vise à faire état des résultats et des perspectives à l’issue de ce cycle dont le thème était La connaissance comme bien commun, valeur des sciences et des technologies, en partageant le mode de vie, d’apprentissage et d’ouverture aux questionnements propres à l’Institut.

Les 41 auditeurs sont des personnalités en situation de responsabilité dans les milieux professionnels les plus divers de l’écosystème d’innovation scientifique. L’innovation est vue au sens large, celui où le technologique ne s’oppose pas au sociétale ou à l’organisationnelle. Ces personnalités ont en commun le désir d’appréhender ce qui compose l’espace entre la science et la société et d’y placer des initiatives afin de mieux exercer leur mission. En candidatant à l’IHEST, elles se sont engagées à se former pendant 34 jours, ce qui signifie réussir l’impossible avec les agendas. A l’Institut, elles entrent en apprentissage, se lancent dans l’inconnu de ce qu’elles ne savent pas, sortent de leur zone de confort professionnel. Présenté ainsi, on mesure mieux la performance. Dans notre comptabilité des valeurs, à la valeur scientifique, ajoutons celle de l’engagement.

L’IHEST prépare des « menus » qui ouvrent l’appétit de penser. Dans leurs évaluations, les auditeurs font état de mesures et de découvertes. Citons une proposition recueillie au début du cycle : « l’apport de la connaissance à la société n’a pas seulement un impact dans le monde socio-économique, il fait socle pour la civilisation et la citoyenneté. ». Voilà qui est précis, cohérent et simple, autant de valeurs que donne la pensée.

Comme les dix précédents cycles de l’IHEST, celui de 2016-2017 aura été composé de neuf sessions, dont une régionale, une européenne et une plus lointaine. Chacune a été totalement renouvelée pour traiter du thème de l’année et être adaptée au rythme et aux attentes de la promotion. Périmétrer ce bien commun de la connaissance et, partant, poser la valeur des sciences et des technologies aura été notre quête commune, remise en jeu à chaque session. Nous l’avons cerné en faisant converger le plus large éventail de connaissances et de compétences. Ce sont 217 intervenants, dont 83 étrangers, qui ont tenu conférences, tables rondes, débats, qui sont venus témoigner et dialoguer. Nous sommes allés en Ile-de-France appréhender les modes de conception des Communautés d’universités, aux Pays-Bas mesurer l’économie de la connaissance, au Japon revisiter la valeur d’innovation des communs. A toutes les valeurs citées, additionnons celle de la multiplicité des expériences, voire des expérimentations.

Face à cette diversité, la synthèse est impossible. Chacun et chacune approche le thème, établit la relation avec son propre parcours professionnel et citoyen ; il ou elle peut aussi s’appuyer sur la mise en résonance de plus en plus harmonieuse, voire mélodique, des intelligences de la promotion. Car l’auditeur est aussi acteur. La connaissance devient aussi celle de l’autre. Dans notre bilan posons avec assurance trois nouvelles lignes, une pour les valeurs humaines, une autre pour les valeurs culturelles, une troisième pour les initiatives. Face à cette diversité et cette dynamique d’ancrage aux situations réelles, l’adage est d’aller plus loin ensemble. Les conférences sont digérées collectivement. Dans leurs ateliers, les auditeurs composent une image possible de problématiques à haut niveau de complexité. Cette année, cobots, démantèlement des centrales nucléaires, soft power de la mode, dossier médical électronique sont devenus moins secrets. A l’issue de leurs voyages d’étude, les auditeurs produisent des carnets éclairant les dynamiques d’innovation difficiles à capter dans des missions professionnelles classiques. Durant tout le cycle nous faisons en sorte qu’ils puissent composer l’environnement propice au croisement des regards et transmettre très concrètement les résultats de cette intelligence partagée. Ajoutons alors à notre liste de valeurs les valeurs citoyenne et politique.

Pour rendre compte de l’ensemble des résultats, le programme de clôture est un parcours à travers le paysage des connaissances et des expériences acquises durant le cycle, à travers la personnalité que les auditeurs ont choisie pour les représenter et les suivre, et à travers les perspectives, celles qui nous font passer de ce bien commun qu’est la connaissance à notre capacité à soutenir l’inconnu et l’incertain. Ce sera justement le thème du prochain cycle où les valeurs scientifiques, les valeurs d’engagement, les valeurs culturelles et les valeurs citoyennes seront mobilisées au service de la capacité des auditeurs à anticiper, à convaincre et à décider en environnement complexe.

Muriel MAMBRINI DOUDET

Directrice de l’IHEST

mardi 13 juin 2017, par HUCHERY Mélissa