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Cycle national 2016-2017

Session 4 : Sciences, normes et droit

Paris • 7 - 9 décembre 2016

La connaissance scientifique constitue assurément un bien, dont les précédentes sessions ont permis de mettre en évidence les valeurs. Pour autant, l’acquisition de nouvelles connaissances – le progrès scientifique et technique – ne se transforme pas automatiquement en un bien pour la société. Pour cela, les nouveaux savoirs doivent passer par un processus de diffusion, d’appropriation et de maturation, qui supposent des démarches tout aussi exigeantes que celles qui ont permis d’établir la validité des connaissances scientifiques.

C’est cette dynamique par laquelle les valeurs de la connaissance s’incarnent dans des normes qui servira de fil directeur à cette session. Y seront plus spécifiquement abordés des objets – la publication scientifique, le brevet, la vérité, le principe de précaution, les perturbateurs endocriniens et même le végétal – et des processus – la construction des normes, le rapport entre science et politique, les démarches juridiques et éthiques.

Il revient d’abord au monde de la science de faire partager les connaissances produites : c’est la finalité des publications scientifiques, dont l’organisation est en pleine transformation, la révolution numérique permettant une valorisation inédite des résultats scientifiques. La diffusion des savoirs s’incarnent aussi dans le brevet, outil juridique, dont la finalité est de favoriser le progrès technique.

Les savoirs ainsi produits peuvent présenter des risques, qu’il convient de prévenir : c’est l’objet de l’expertise scientifique, qui vise à identifier de manière rationnelle les problèmes relevant de l’espace public et caractériser les solutions à y apporter, dans le but d’éclairer l’action du décideur.

Comment l’expertise s’exerce-t-elle, et comment a-t-elle évolué, notamment au regard du principe de précaution, qui s’est peu à peu imposé comme une norme d’action pour le politique ? Comment a-t-elle incarné le rapport entre science et politique, l’expert symbolisant historiquement l’autorité de la vérité, gage de confiance pour la société ? Le développement des savoirs et la promotion de leur diffusion engagent aussi le droit et l’éthique. Ils interrogent pareillement, comme on le verra à propos du cas des perturbateurs endocriniens, la démarche et le travail d’enquête des parties prenantes, qu’ils soient scientifiques, juristes ou encore journalistes, et leur capacité à partager, croiser et coordonner leurs normes. Le partage des valeurs n’est-il pas finalement la condition du débat ? C’est à cette dynamique complexe qui permet aux connaissances de devenir un bien effectif pour la société que les auditeurs sont invités à réfléchir.

vendredi 9 décembre 2016, par HUCHERY Mélissa