Accueil > Les Formations > Le cycle national > Cycle national 2016 - 2017 > Programmes > Session 2 : Recherche, enseignement supérieur et innovation dans un (...)

Enregistrer au format PDF
Cycle national 2016-2017

Session 2 : Recherche, enseignement supérieur et innovation dans un territoire de rang mondial

Étude de cas : la région Île-de-France

Croiser les problématiques de l’innovation avec celles des territoires prend tout son sens quand on les replace dans la compétition mondialisée, que ce soit entre les entreprises ou entre les territoires (communautés de Nations, États, régions, métropoles) et de façon conjoncturelle dans le cadre du projet de réforme territoriale présenté le 3 juin 2014. Pour aborder ces problématiques, trois ensembles de questionnements seront privilégiés :

Quels sont les termes actuels de la mondialisation ? En quoi a-t-elle modifié profondément compétition et compétitivité des entreprises et des territoires ?

En quoi l’innovation, envisagée sous toutes ses composantes, est-elle un élément déterminant dans cette compétition ?

Quelle stratégie, quels rôle et fonction pour les territoires dans ce nouveau contexte ? Comment ceux-ci peuvent-ils favoriser à la fois leur attractivité et leur capacité à mobiliser les ressources internes pour un développement équitable et durable ? A quelle échelle et dans quel maillage ?

L’Île-de-France est la région d’Europe la plus dynamique sur le plan démographique, son expansion est aujourd’hui de plus 70 000 habitants par an. Elle représente 29 % du PIB français métropolitain et 19 % de sa population.

Elle contribue ainsi à la redistribution des richesses vers les territoires périphériques. La métropole rivalise avec les plus grandes capitales du monde : le dernier rapport « Cities of opportunity » de PriceWaterhouseCoopers, situe Paris numéro un mondial pour « le capital intellectuel et l’innovation ». Concentrant 40 % de la R&D française, son économie est dominée par les services avec 86,1% de la valeur ajoutée dans les services.

Elle s’est dotée de huit pôles de compétitivité de dimension mondiale ou à vocation mondiale pour six d’entre eux, la région concentre ainsi des capacités innovatrices dans des domaines très diversifiés : les nanotechnologies, le numérique, la biologie, la santé, la mobilité et l’environnement ou l’innovation financière. Transformer ce potentiel en produit et service dans un marché mondialisé est un défi majeur pour la région.

Son économie concentre également le tertiaire supérieur, notamment dans la finance. Les services marchands représentent de façon plus générale 60 % des actifs. Mais l’Île-de -France est encore un espace industriel très diversifié tout en ayant perdu une partie importante de ses emplois qui ont été compensés par des créations dans le domaine des services. Sa logistique en matière de transport national et international en fait un des grands « hub » mondiaux.

Toutes ces caractéristiques placent de l’Île-de-France parmi les quatre premières agglomérations mondiales. Cependant son développement depuis une dizaine d’années s’avère moins rapide que les grands pôles urbains les plus dynamiques comme New York, Tokyo et Londres qui est devenue la première mégalopole européenne mondiale. Ceci est également vrai vis-à-vis des métropoles régionales françaises. Ce constat soulève nombre de questions prospectives :

• Dans la compétition mondiale entre les grandes mégalopoles, la région parisienne va-t-elle, comme d’autres, définir une véritable stratégie de différenciation tout en confortant ses atouts traditionnels pour rester parmi les villes les plus attractives pour les talents et les investisseurs ?

• Va-t-elle concentrer ses efforts dans les secteurs en forte croissance comme le numérique, les TIC, les biotechnologies, encourager l’innovation en rapprochant recherche publique et entreprise, donner une priorité forte à l’entrepreneuriat et au financement des start-up, encourager l’innovation sociale et les industries créatives, investir massivement notamment dans la mobilité et dans tout ce qui caractérise une « smart city » ?

• Quelle place va-t-elle donner dans sa stratégie au soutien à la production de connaissances fondamentales ? Quelle place aussi pour l’enseignement supérieur et la recherche dans sa stratégie de développement et d’attractivité ?

• Une région de dimension mondiale est aussi un territoire qui donne une place importante à un cadre de vie respectueux de l’environnement, un système éducatif innovant, une vie culturelle ouverte sur le monde. L’Île-de- France a de nombreux atouts dans toutes ces dimensions, peut-elle mieux les faire connaitre et susciter créativité et innovation pour continuer à apparaitre la ville où il faut venir pour entreprendre et se connecter au monde ?

• Le « Grand Paris » va-t-il se doter d’une gouvernance et des outils d’analyse qui lui permette de concentrer et faire converger tous les facteurs de compétitivité sur un territoire dont les limites font aussi débat ? A ce titre, Londres, comme d’autres, ont opté pour un territoire reflétant l’ensemble des forces vives. En définissant le périmètre du Grand Paris, l’Île-de-France ne s’est-elle pas crée un handicap ? L’Île-de-France est en effet une région polycentrique qui est à la recherche d’une cohérence globale, quelles seront les convergences- divergences entre le centre et la périphérie ainsi qu’entre ses différents pôles ?

Tous ces enjeux sont au cœur des réflexions des mégalopoles dont certaines, comme New York et Londres ,se sont dotées d’organismes centraux d’analyses stratégiques leur permettant de faire converger les différents acteurs pour une compétitivité renforcée ? L’Île-de-France est –elle prête à cet exercice ?

La session aura pour objectif de saisir les rapports qu’entretient cette région particulière avec les sciences et les techniques, en lien avec sa géographie, son histoire et sa culture. Elle s’attachera à montrer comment, première région européenne pour l’enseignement supérieur et la recherche, elle participe au rayonnement intellectuel de notre pays dans le monde entier, tout en intégrant des problématiques locales, régionales et nationales.

Cette étude de cas reposera sur des rencontres avec des acteurs du monde politique, industriel, universitaire et scientifique. Il s’agira de partager avec eux les enjeux territoriaux et sociaux du développement de la recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation. Cette session permettra de dresser un portrait des atouts et spécificités de la région, de découvrir des sites de recherche, d’analyser la compétitivité du territoire francilien, de comprendre les synergies entre les acteurs et d’éclairer la stratégie et les choix du territoire à la lumière des politiques publiques.

vendredi 14 octobre 2016, par HUCHERY Mélissa