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Cycle national 2015-2016

Session 03 : Les semi-conducteurs : au-delà de la « loi » de Moore

Partie intégrante de l’espace de l’innovation et de la concurrence, la filière industrielle des semi-conducteurs connaît depuis les années 1970 des avancées fulgurantes. Ces progrès techniques ont été accompagnés par une politique industrielle volontariste, mais aussi la création d’un espace de normalisation original, l’International Technology Roadmap for Semiconductors (ITRS). Cette structure coordonnée à l’échelle internationale, qui vise à développer la filière, regroupe tous les acteurs du secteur. C’est pourquoi les semi-conducteurs sont régulièrement présentés comme les préfigurateurs d’une nouvelle forme de gouvernance de l’innovation : les feuilles de route, qui se sont généralisées à d’autres secteurs, comme les nanotechnologies.

Les semi-conducteurs sont les matériaux de base des composants électroniques, dont, depuis les années 1960, la miniaturisation constitue un enjeu industriel majeur. Dans ce domaine, l’industrie s’est basée sur la « loi » de Moore pour planifier sa R&D. Avec la création des feuilles de route, cette loi est même devenue le principe directeur de l’innovation dans le secteur des semi-conducteurs. Cette « loi », énoncée en 1965 à partir d’observations empiriques par Gordon Earle Moore, chimiste et entrepreneur américain, co-fondateur de deux sociétés de semi-conducteurs dans la Silicon Valley – Fairchild Semiconductor et Intel – prédit que le nombre de composants par circuit intégré double tous les deux ans. Maintenant que les dimensions des composants électroniques se rapprochent de celles de l’atome, la « loi » de Moore semble avoir atteint ses limites.

Parallèlement, l’industrie des semi-conducteurs développe de nouveaux micro- et nano- composants améliorés, tels que des micro-capteurs, des microsystèmes électromécaniques (MEMS), ou des nano-systèmes électromécaniques (NEMS). Cette nouvelle tendance, connue sous le nom de « more than Moore », conduit à de nouvelles applications, en particulier dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de la sécurité.

Sommes-nous en train d’assister à un changement de paradigme pour l’innovation et le développement industriel ? Quels financements des risques et la recherche d’innovations de rupture ? Quelle place pour la propriété intellectuelle ? Comment les politiques publiques de soutien à la recherche et à l’innovation accompagnent-elles ces évolutions ? Quelles nouvelles organisations envisager ?

Marie-Françoise Chevallier-le Guyader
directrice de l’IHEST

mercredi 25 novembre 2015, par HUCHERY Mélissa